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Club écolo de l'É.N.S. de Lyon

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Conférence du mardi 5 décembre 2017 : « Penser la décroissance » par Vincent Cheynet

Suite à cette conférence, le bureau d'ENvertS a réagi par le communiqué suivant sur sa liste le diffusion et auprès des différentes entités à qui il avait demandé de relayer l'information.

Quelques remarques au sujet de la conférence-débat « Penser la décroissance » (5 décembre 2017)

Nous vous serions très reconnaissant.e.s de transmettre ce message à toute personne présente ce soir-là.

Avant tout, nous tenons à préciser que nous étions mal préparés et n’avons pas su recadrer le débat. Nous présentons nos excuses à tou.te.s celleux qui ont pu se sentir blessé.e.s par les propos tenus par l'invité. Ceux-ci n'engagent que lui et nous nous en désolidarisons totalement.

À propos de notre gestion de l'événement

Nous avons rencontré Vincent Cheynet quelques semaines avant la conférence et défini ensemble le thème de la conférence. La soirée devait se dérouler ainsi : présentation générale du mouvement de la décroissance (économique), présentation du courant dans lequel le journal lyonnais s'inscrit puis débat autour des questions de l'écologie politique décroissante. Nous regrettons que Vincent Cheynet n'ait pas respecté ce qui avait préalablement décidé. Il a rapidement multiplié les attaques contre les courants féministes radicaux, la science, le progressisme social et culturel en général, etc.

Durant l'événement, nous avons pris le parti de laisser chacun.e s'exprimer librement et de ne pas (ré)orienter le débat. Peut-être était-ce une erreur. Malgré le décalage avec la thématique annoncée, tous les sujets évoqués nous semblent liés, dans une perspective de convergence des luttes. Nous déplorons cependant le manque d’écoute de Vincent Cheynet, et son accaparement de la parole (notamment par de longues tirades-réponses). Il nous semble qu'aucune question n'a trouvé de réponse. De plus, Vincent Cheynet semble avoir profité de sa posture d'invité pour écarter toute critique, tout en faisant preuve d'un âgisme plus que critiquable.

Vincent Cheynet a su rester calme et poli, malgré les réactions irrespectueuses de plusieurs personnes dans l'assemblée, que nous regrettons aussi.

Les enseignements que nous en tirons

Nous tenons à (re)préciser qu’il ne s’agissait pas d’offrir une tribune à quiconque, mais bien de créer un débat. Il y a eu des réactions vives qui ont montré que l’assemblée était critique et avait du répondant.

Nous allons essayer d'organiser une autre conférence sur le même thème, afin d'offrir une autre vision de la décroissance.

Nous serons beaucoup plus vigilant.e.s sur le choix de nos intervenant.e.s, afin d'offrir à chacun.e des espaces de dialogue et de débats d'idées, respectueux et enrichissants. Nous ferons aussi en sorte que les discussions ne s'écartent pas (trop) des thématiques annoncées. L’idée n'est pas de censurer des idées, fussent-elles d'extrême droite, mais de créer et construire les conditions d'un débat reposant sur des analyses, des arguments développés mais aussi des expériences ou des ressentis, sur des thèmes qui nous sont chers.

Nous avons pu appréhender ce soir-là la difficulté à gérer une conférence et une séance de questions. Nous sommes preneurs.euses de tout conseil ou documentation sur l'animation de tels événements.

Cet événement a malgré tout été très intéressant, car il nous a montré la nécessité (et l’urgence) qu’il y a pour chacun.e d’entre nous d’affiner ses idées, d’en repenser certaines et de revoir ses analyses, pour ne pas nous laisser piéger dans des pensées réactionnaires.

Positionnements d'ENvertS

L’un des principaux problèmes que nous avons rencontré est la proximité de certaines idées de Vincent Cheynet avec les nôtres (anticapitalisme, critique de la publicité et de l’individualisme, respect de l’environnement). Le but de ce texte est aussi de montrer qu’il ne peut y avoir de rapprochement entre les idées de notre invité (naturalisation des dominations, « défense » du patriarcat) et les nôtres.

Radicalité ?

Dans son argumentaire, Vincent Cheynet a pu faire croire que la radicalité était l'opposition à tout changement ou à tout progrès, y compris social. Or, la radicalité est un système de pensée qui consiste à rechercher l'essence, la cause profonde, la racine des problèmes et des enjeux qui se posent à nous, pour y répondre en profondeur, en prenant en compte le court, le moyen et le long terme. Les manières d’analyser les problèmes étant diverses et dépendant notamment des valeurs préalablement posées, la radicalité ne saurait se réduire au courant réactionnaire.

Même si les étiquettes sont toujours difficiles à définir, nous aurions tendance à nous reconnaître dans la gauche radicale, au sens où nous sommes progressistes. La recherche de droits sociaux pour chacun⋅e et la lutte de chacun.e contre les oppressions nous semble nécessaire.

L'écologie sociale et décroissante

Nous nous positionnons contre le développement durable, qui pour nous n'est qu'une réponse du système libéral capitaliste à la crise écologique. Développement et croissance économique nous semblent incompatibles avec l'écologie que nous défendons.

Si Vincent Cheynet et son journal tentent de s'accaparer la décroissance pour en faire un refus de toutes les revendications, y compris sociales, pour nous le concept a un tout autre sens. Selon nous, la décroissance doit s'entendre surtout sur le plan économique. Nous pensons qu'une croissance infinie dans un monde fini est impossible. Cela peut passer par une attitude critique vis à vis du progrès (et non un rejet en bloc de la science) mais n'implique en rien des idées réactionnaires sur le plan social, culturel ou démocratique. La société de croissance creuse les inégalités sociales et accentue les logiques individualistes : c'est contre cela que nous nous engageons.

Même si nous sommes peu à l'aise avec les grands courants idéologiques au sein d'ENvertS, nous aurions tendance à être en faveur d'une écologie décroissante et sociale, qui mette la nature et l'homme au centre des préoccupations. D'après les discussions que nous avons eues, dans la perspective de nous constituer en association (la synthèse sera bientôt diffusée), l’anticapitalisme, la lutte contre toutes les domination, oppressions et discriminations (économique, culturelle, patriarcale, raciste, l’âgisme, la LGBTphobie, sur l’apparence, etc.) et la bienveillance (environnement propice à l’écoute et la discussion) font consensus parmi nous.

Notre prise de recul critique

Il est toujours plus enrichissant de se confronter à des idées différentes des nôtres lors d'un débat constructif que de se contenter de l'entre-soi. Ce qui est particulièrement intéressant ici c'est que ce discours nous a montré quelle nécessité et quelle urgence il y avait pour chacun⋅e d'affiner ses idées, d'en repenser certaines et de revoir ses interprétations de tel ou tel phénomène pour ne pas se laisser piéger par certaines pensées réactionnaires qui nous tendent les bras lorsqu'elles critiquent ce que nous-mêmes critiquons.

Avant même de nous opposer aux idées de fond de notre interlocuteur⋅ice, il nous a semblé important de nous concentrer sur la logique de son argumentaire, qui est d'autant plus défaillante que la personne cherche à mélanger deux idées radicalement opposées. Pour réussir ce qui a pu nous apparaître comme un mélange des extrêmes, Vincent Cheynet a usé de syllogismes reposant parfois sur des arguments fallacieux (les féministes sont contre le patriarcat, le capitalisme est opposé au patriarcat, donc les féministes ont tort de combattre le patriarcat), d'amalgames douteux (le rejet de la recherche infinie de croissance économique est étendu sans argument en un rejet de la recherche de nouveaux droits sur le plan social, comme l'écriture inclusive), ou d'arguments d'autorité (usage abusif de citations), utilisées sciemment ou non par la personne.

Il nous a paru important de souligner les incohérences du discours porté lors de cet événement afin que chacun⋅e puisse se rendre compte de ses éventuelles erreurs et avancer des arguments plus pertinents.

N'hésitez pas à nous faire part de toute remarque ou conseil qui vous sembleraient pertinents et utiles.

Malgré tout, nous espérons vous revoir lors de prochains événements.

Le bureau d’ENvertS

Conférence du mardi 21 novembre 2017 : « Terroir et marketing territorial : le "terroir" français et sa labellisation en questions » par Mégane Fernandez

Aucune ressource supplémentaire pour cette conférence pour l'instant.

Conférence du mercredi 25 octobre 2017 : « La mer monte : mais que font les plagistes », par Thibault Lorin

Les diapositives de la conférences sont disponibles ici.